Marie Claude Quignon

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Mes différents travaux prennent en compte la notion de territoire et la population qui l’occupe :
Entre 2002 et 2005 j’ai interrogé les femmes méditerranéennes qui vivent en France pour produire avec La Forge « Mille et un bocaux ».
En 2003 j’ai travaillé sur le site d’un Centre de rééducation motrice avec le matériaux du lieu, le plastique à mémoire et le personnel qui l’utilise.
J’ai interrogé des femmes incarcérées (exiguïté du territoire) pour produire une installation sur cette situation.
J’ai travaillé dans l’Essex avec des étudiants paysagistes.
J’ai proposé, avec La Forge, à des femmes du Vimeu de participer avec leur savoir faire à la réalisation d’une œuvre « les chaises ».
L’an dernier j’ai réalisé, avec un musicien, un « oratorio » avec les élèves de la Maison familiale rurale de Clairfontaine après la rencontre des fermières de la Thiérache du centre. (avec LaForge).




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2012

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L’artiste





Marie-Claude Quignon est née en 1949 à Amiens. Formée à l’école
régionale des Beaux-Arts d'Amiens dans les années 1960-1970, elle
choisit le parcours céramique qu'offre l'école. Issue d’une très
ancienne famille de gressiers -les Quignon furent des Maîtres de la
Confrérie Notre-Dame du Puy d’Amiens au XVIIe siècle -, elle fut
entourée, enfant, par le travail de la terre et de la chaux. Elle se
rappelle avoir réalisé de petits modelages d'argile, chutes de la
confection du torchis. Saisissant cet intérêt précoce pour la terre, la
confection d’objets et la céramique, ses parents lui offre des livres
sur le travail de l’argile. Le don d’un four à céramique salue sa sortie
de l’École Régionale des Beaux-Arts. Elle ouvre un atelier de céramique
et donne des cours de sculpture........
Elle découvre dans les fermes du village où elle vit des matières

différentes, elle récupère ce qu’on appelle des « cordes à faucheuses »

qu’elle teint, pour créer ce qu’on nommera la Nouvelle Tapisserie
révélée par la Biennale de Lausanne, dans les années 1980-1990. Elle
réalise ce qu’elle appelle des volumes textiles pendant plusieurs années
et participe aux expositions : Grands et Jeunes d’Aujourd’hui, au Grand
Palais et Espace Cousu à l’UNESCO à Paris en 1975. Structures
Textiles, aux Maisons de la Culture de Douai et Nevers en 1976. Salon de
la jeune sculpture à l’UNESCO à Paris en 1977. Groupe Dialogue UNESCO à Munich, Marseille, Ajacccio en 1978. Vitrail-Tapisserie à l’Hôtel de ville de Paris en 1979, Structure Textile en 1983 et Tapisserie
Contemporaine en 1984 aux biennales de l’Abbaye d'Ouville.
Marie-Claude Quignon aime le hasard qui la mène au grès des rencontres et des matériaux à la découverte dans les années 1990 d’une valise remplie de vêtements d’enfants soigneusement enroulés dans journaux fascistes qui la renvoient à son enfance jalonnée de récits de guerre, racontés le soir par son grand-père comme autant de contes.

Elle conçoit et expose en 1996, Bord de guerre I à la Maison de la Culture d’Amiens où elle trace sur le mur blanc les silhouettes de ces vêtements d’enfants face à une rangée de petites jambes de mannequins d’enfant en plastique opposant ainsi l’innocence des vêtements et ces petites jambes marchant au pas de l’oie faciste des années 1940.
Elle part en 1996 dans le désert saharien rencontrer les réfugiés sahraouis, ex-nomades sédentarisés de force, qui élèvent leurs chèvres dans des enclos faits de débris trouvés le long des pistes et gardent leurs valises prêtes pour un hypothétique retour. À la suite de ce voyage, Marie-Claude Quignon conçoit l’installation Bord de Guerre II exposée en 1999 Au Channel à Calais : Elle figure des enclos à chèvres, faits de tôles bitumées noires, un matériau pauvre de chez nous. Dans ces enclos elle entrepose des valises recouvertes de goudron, des étiquettes humanitaires de corned beef « Don de la France », des photos de disparus, des poireaux frais. A travers ces objets l’artiste veut


souligner une paix fragile, un départ sans cesse repoussé et une zone où la vie se vit au jour le jour, et où l’on montre aux rares visiteurs
les carrés de poireaux, irrigués par le puits créé par une ONG, et les
mines militaires, désamorcées et soigneusement alignées, fruit d’un
conflit non encore résolu au Sahara occidental.
1001 bocaux, exposés une première fois en 1995 fut un travail de plusieurs années axé sur les femmes méditerranéennes. Elle voulait donner la parole à ces femmes, issues pour la plupart, du Maghreb, installées ici depuis des années et que nous connaissons mal. Des bocaux « Le Parfait » de 3 litres furent donnés à des femmes de Maubeuge, Roubaix, Tourcoing, Amiens, Noisy-Le-Grand, Beauvais, Lyon et Vienne lors de rencontres organisées par l’artiste elle-même. La Méditerranée est au cœur de notre culture,

de notre histoire, c’est pour cela que chacune des femmes ayant reçu un bocal devait y mettre ce qu’elle souhaitait transmettre, donnant un

ensemble hétéroclite mais cohérent sur la parole des femmes.
Les Paysages Cassés, présentés à la Maison de la culture d’Amiens en
2016, sont ceux de Palestine, brisés par l’homme, abîmés par la guerre
israélo-palestinienne. Ils rendent compte du quotidien des êtres,

compliqué par un mur, un grillage, le manque d’espace…
Marie-Claude Quignon, artiste engagée travaille la société dans laquelle elle vit et pose les questions politiques. Elle s’implique « modestement par l’art »


au gré des rencontres en une protestation aussi visuelle qu’esthétique.

M.Gaillard UPJV Amiens 2016

































































































































































































































































































































































































































































































































































































































Marie claude Quignon, plasticien freelance à 80260 Molliens Au Bois.

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